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Les 5 indicateurs de trésorerie à suivre chaque semaine (et leurs seuils d'alerte)

Les 5 indicateurs de trésorerie à suivre chaque semaine (et leurs seuils d'alerte)

Pour suivre la trésorerie d'une PME chaque semaine, cinq indicateurs de trésorerie suffisent : trésorerie nette disponible, jours de couverture des charges fixes, DSO glissant avec encours échu, échéances à 4 semaines et écart entre prévision et réalisé. Chacun a un seuil d'alerte chiffré et une action, appliqués à une même PME.

Pourquoi le BFR et le fonds de roulement ne se suivent pas chaque semaine

BFR et fonds de roulement se calculent au bilan annuel ; le suivi hebdomadaire mesure des flux. Un plan glissant à 13 semaines voit l'impasse 6 à 8 semaines avant. Exemple suivi : une PME de distribution de 12 salariés, 180 000 € HT de chiffre d'affaires mensuel (216 000 € TTC) et 76 000 € de charges fixes par mois, soit 2 533 € par jour. Revue du lundi 2 novembre 2026.

1. Trésorerie nette disponible : le solde réel, pas le solde affiché

Formule : soldes + placements disponibles sous 48 heures − découvert utilisé − chèques et prélèvements émis non débités. Découvert autorisé, Dailly et affacturage non tirés en sont exclus : lignes mobilisables, pas du cash.

La PME a 151 000 € en banque, moins 9 000 € de chèques non débités : 142 000 €, contre 158 000 € la semaine précédente, soit −10,1 %. Alerte : plus de 10 % de baisse en une semaine sans échéance qui l'explique, ou trois semaines de baisse. Ici, la moitié de la baisse était prévue au plan, l'autre vient des retards clients : pas d'alerte. Seuil franchi sans explication : rapprochement bancaire le jour même et recherche de l'écart.

2. Jours de couverture des charges fixes : alerte sous 30 jours

Formule : trésorerie nette ÷ charges fixes quotidiennes. Pour la PME, 142 000 ÷ 2 533 = 56 jours.

Orange de 30 à 60 jours : gel des dépenses non engagées et des recrutements. Rouge sous 30 : relances quotidiennes, rendez-vous bancaire, délai Urssaf après la DSN.

Au-delà de 90 jours durables, l'excédent dort : compte à terme, ou dividendes au dirigeant, taxés au PFU de 31,4 % en 2026. Pour ces placements de particulier (SCPI, assurance-vie, immobilier), les conseils finance d'ATF Conseil détaillent les options.

3. Encours clients échus et DSO glissant : combien vous prêtez à vos clients

DSO glissant = créances clients TTC ÷ CA TTC des 91 derniers jours × 91. Pour la PME, 302 000 ÷ 648 000 × 91 = 42 jours, pour des conditions à 30 jours. Ces 12 jours d'écart = 85 000 € avancés aux clients. Mélanger TTC et HT fausse le DSO de 20 %.

La balance âgée montre 61 000 € échus, soit 20 % de l'encours, dont 18 000 € à plus de 30 jours. Seuils : DSO au-delà des conditions + 10 jours, ou part échue au-delà de 15 %. Action : relance à J+10, mise en demeure à J+30, puis pénalités et indemnité forfaitaire de 40 € par facture.

L'article L441-10 du Code de commerce plafonne le délai de paiement à 60 jours date de facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit. Les pénalités valent au moins 3 fois le taux d'intérêt légal, soit 8,25 % au second semestre 2026.

Pour comparer, le rapport 2025 de l'Observatoire des délais de paiement de la Banque de France établit le retard moyen à 13,4 jours fin 2025.

4. Échéances à 4 semaines : TVA, Urssaf et salaires face au cash

Formule, sur 28 jours : (trésorerie nette + encaissements certains) ÷ décaissements engagés. Encaissements certains = factures échues dans la période dues par des clients qui paient à l'heure. Du 2 au 29 novembre, la PME doit payer 195 000 €. Urssaf : 22 000 € le 16 (le 15 est un dimanche) ; TVA : 24 000 € du 16 au 24. Salaires : 38 000 € le 27 ; fournisseurs : 95 000 € ; loyer, emprunt et leasing : 16 000 €.

Avec 120 000 € d'encaissements certains, (142 000 + 120 000) ÷ 195 000 = 1,34. Orange sous 1,2, rouge sous 1 : report fournisseur ou échéancier Urssaf à négocier aussitôt. Dès le 23 novembre, la fenêtre inclut l'acompte d'IS du 15 décembre.

La TVA collectée reste sur le compte mais appartient à l'État : sur 216 000 € TTC facturés, 36 000 € transitent. Les compter comme du cash gonfle la couverture de 14 jours.

5. Écart prévision/réalisé du plan à 13 semaines : alerte au-delà de 5 %

Chaque lundi, la semaine écoulée passe au réel, une 13e semaine s'ajoute, puis on calcule (réalisé − prévu) ÷ prévu. En semaine 44, la PME a encaissé 51 000 € au lieu de 58 000 €, soit −12 %. Solde : 142 000 € au lieu de 150 000 €, soit −5,3 %.

Seuil : plus de 5 % d'écart deux semaines de suite. Des encaissements surestimés signalent un DSO qui s'allonge : on recale les prévisions sur les délais réels, souvent 10 à 15 jours après l'échéance en période tendue.

La routine du lundi : 30 minutes et trois erreurs à éviter

Indicateur Formule courte Valeur PME au 2/11 Seuil orange / rouge Action Trésorerie nette Soldes − découvert − émis non débités 142 000 € (−10,1 %) Baisse > 10 % inexpliquée Rapprochement Couverture Trésorerie ÷ charges fixes/jour 56 jours 30–60 j / < 30 j Gel des dépenses DSO et échu Créances ÷ CA 91 j × 91 (TTC) 42 jours, 20 % échu Conditions + 10 j / échu > 15 % Relances J+10, J+30 Échéances à 4 semaines (Trésorerie + encaissements) ÷ décaissements 1,34 < 1,2 / < 1 Report, échéancier Écart du plan (Réalisé − prévu) ÷ prévu −5,3 % > 5 % deux semaines Recaler les prévisions
  • Rapprochement bancaire et trésorerie nette (5 minutes).
  • Balance âgée : DSO et part échue (10 minutes).
  • Échéances à 28 jours (5 minutes).
  • Plan à 13 semaines et écart (10 minutes).
  • Une couleur par indicateur, un responsable par action.
  • Deux voyants orange cette semaine, couverture et DSO, même cause : récupérer d'abord les 18 000 € de retards de plus de 30 jours.

    Trois erreurs faussent le suivi. Un plan mensuel noie dans la moyenne la paie de 38 000 € du 27 et trois jours de découvert. Confondre bénéfice et trésorerie fait passer pour sain un mois bénéficiaire où 85 000 € restent chez les clients ; compter la TVA collectée comme du cash crée 14 jours de couverture fictive (encadré du point 4).

    Adeline Berthier

    Adeline Berthier

    Adeline Berthier est une experte en stratégie de croissance et en transformation digitale, forte de plus de quinze ans d'expérience dans l'analyse des marchés et l'accompagnement de projets innovants. Elle conseille les dirigeants pour identifier les leviers de performance et piloter des mutations organisationnelles réussies, avec une approche pragmatique et orientée résultats. Passionnée par les données et les nouvelles technologies, elle allie rigueur analytique et créativité pour bâtir des feuilles de route durables et compétitives.

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