Le placement de l'excédent de trésorerie d'une entreprise commence par une soustraction : trésorerie disponible, moins 2 à 3 mois de charges fixes, moins les échéances de TVA et d'IS, moins les investissements budgétés. Le reste se répartit entre 5 supports qui rapportent 0,75 à 3 % brut en 2026, avec des plafonds, délais et fiscalités distincts. Le piège le plus coûteux n'est pas le taux, c'est un dépôt au-delà de 100 000 € dans une seule banque.
Comment calculer l'excédent de trésorerie à placer ?
L'excédent plaçable se calcule sur le plan de trésorerie à 12 mois, pas sur le solde du jour, en quatre soustractions :
Cas concret : une PME affiche 420 000 € de trésorerie. Elle retire 135 000 € de réserve (3 × 45 000 € de charges mensuelles), 50 000 € de TVA et d'IS à venir, 40 000 € de pic de BFR en novembre et 60 000 € pour une machine payée en mars. Excédent réel : 135 000 €, soit 32 % du solde affiché. Les 60 000 € de mars vont sur un compte à terme de 3 mois.
Les 5 placements de trésorerie d'entreprise : plafonds, disponibilité, taux
La facilité de dépôt de la BCE, à 2,50 % depuis le 16 septembre 2026, plafonne les taux sans risque des offres publiées en 2026.
Support Minimum / plafond Disponibilité Rendement brut 2026 Protection Compte courant rémunéré, Compte Excédent Pro Sans minimum ; 200 000 € (Qonto), 10 M€ (Revolut), sans plafond (Caisse d'Epargne) Immédiate 1,75 à 2 % hors promotion FGDR 100 000 €, sauf établissement de paiement Compte sur livret pro Dès 10 € (Hello bank! Pro), sans plafond J ou J+1 0,75 à 1 % FGDR 100 000 € Compte à terme (DAT) Dès 1 000 € (BoursoBank) ; dès 200 000 €, max 5 M€ (Ramify) À l'échéance, 1 mois à 5 ans 2,40 % à 12 mois ; 3 % sur 1 à 5 ans FGDR 100 000 € OPC monétaire (SICAV, FCP) Une part ; sans plafond J+1 à J+2 1,9 à 2,3 % net de frais Aucune garantie en capital Contrat de capitalisation 5 000 à 50 000 € selon l'assureur Rachat sous 1 mois 2,5 à 3 % sur fonds en euros FGAP 70 000 €Comptes rémunérés et livrets pro : la poche de liquidité
Le Compte Excédent Pro de la Caisse d'Epargne reçoit automatiquement le solde au-delà d'un seuil, à un taux fixé à la souscription. Chez les néobanques, les taux d'appel sont temporaires : Finom affiche 5 % pendant 5 mois, puis 1,75 %. C'est le support de la réserve de sécurité.
Compte à terme : le meilleur taux garanti, contre l'immobilisation
Le taux, fixe ou progressif, est connu d'avance. Sortir avant l'échéance coûte jusqu'à 25 % des intérêts chez Ramify, tous les intérêts ailleurs, 0,5 à 1 point dans les réseaux ; le Crédit Mutuel impose 32 jours de préavis. Échelonnez plusieurs CAT sur vos échéances.
Livret A, LDDS et LEP sont fermés aux sociétés commerciales : l'article L221-3 du Code monétaire et financier réserve le Livret A aux personnes physiques, associations, organismes HLM et syndicats de copropriétaires, et LDDS et LEP aux particuliers.Quelle fiscalité pour les placements d'une société à l'IS ?
Tout rendement entre dans le résultat imposable, à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour une PME éligible (CA inférieur à 10 M€, capital détenu à 75 % par des personnes physiques), puis 25 %. Ni PFU ni prélèvements sociaux. 100 000 € placés à 2,40 % rapportent 2 400 € brut, 2 040 € net au taux réduit : 2,04 % net.
Deux régimes surprennent. L'article 209-0 A du CGI impose chaque année la plus-value latente d'un OPC monétaire (horizon 1 à 6 mois, indexé sur l'€STR), évalué à sa valeur liquidative de clôture. L'article 238 septies E taxe un contrat de capitalisation (horizon 3 à 5 ans minimum) sur un forfait de 105 % du TME de souscription, même sans rachat : 100 000 € à TME 3 % génèrent 3 150 € imposables dès la première année.
Sortir l'argent de la société ou le laisser placé ?
Un excédent durable sur 2 ou 3 exercices pose la question de le sortir vers votre patrimoine. La sortie est taxée deux fois. 100 € de bénéfice deviennent 75 € après IS à 25 %, puis 51,45 € après le PFU de 31,4 % en 2026. Pour un gérant majoritaire de SARL, la part des dividendes supérieure à 10 % du capital, des primes et des comptes courants supporte en plus les cotisations TNS.
Distribuée, cette somme relève de l'épargne personnelle : enveloppes, horizon, tolérance à la perte. Des simulateurs par âge, montant et horizon aident à investir son argent selon son profil, sans reproduire à titre personnel les placements déjà détenus par la société. Une holding au régime mère-fille ne réintègre, elle, que 5 % des dividendes remontés.
Les 4 pièges qui coûtent le plus cher
Chacun de ces pièges coûte plus qu'un écart de taux entre deux supports.
Dépasser la garantie : le FGDR couvre 100 000 € par client et par établissement, comptes courants, livrets et CAT additionnés, indemnisés sous 7 jours ouvrables. La liste des produits couverts figure sur la page du FGDR consacrée aux comptes et livrets ; au-delà, répartissez entre plusieurs banques. Les fonds d'un établissement de paiement sont cantonnés, pas garantis.
- Bloquer la TVA ou l'IS : un CAT de 12 mois souscrit en janvier ne paie pas le solde d'IS du 15 mai ; le casser coûte jusqu'à la totalité des intérêts.
- Juger au taux d'appel : 4 % pendant 2 mois puis 2 % donnent 2,33 % sur l'année, et 0 % au-delà du plafond rémunéré.
- Oublier l'impôt sans encaissement : OPC et contrat de capitalisation génèrent de l'IS chaque année : provisionnez-le hors du support.